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Rencontre avec Denise Tétreault

au sein de l’Atelier des Costumes du Cirque du Soleil

ENTREVUE ET RÉDACTION

Nina Goldstein
Coordonnatrice Communications - Marketing, CCIFC

Clothilde N’Dri
Responsable Communications – Marketing, CCIFC

Denise Tétreault est directrice du cycle de vie des costumes au sein de l’Espace créatif, développement de produits et innovation du Cirque du Soleil. Depuis 1991, elle a travaillé sur 38 productions dont 19 actuellement en cours. Elle nous parle de son métier et de l ‘impact de l’innovation technologique sur l’Atelier des Costumes qu’elle a pu observer au fil des années. Madame Tétreault travaille en périphérie des productions du Cirque du Soleil en s’adaptant aux normes techniques et artistiques mais également en favorisant le confort des artistes et des artisans.

Tout d’abord, quelle est votre formation initiale ? Quels sont les motifs qui vous ont poussé à devenir costumière au sein du Cirque du Soleil ?

DT : J’ai toujours été dans le milieu des vêtements et des costumes ou dans des milieux connexes à la culture. Notamment dans le cinéma, le théâtre et la mode au Québec. Dans le milieu des vêtements, le fait d’être à son compte est extrêmement laborieux. Pendant des années, je partageais un atelier avec Yves Fournier, qui est devenu le directeur de l’Atelier durant les années 80. 

Un jour, il m’a appelé pour me proposer un poste à l’Atelier et je ne suis jamais repartie ! En 1991, je suis rentrée en tant qu'artisane puis rapidement, avec mon esprit entrepreneurial, on a commencé à fonder les ateliers comme ils le sont maintenant. Au début, nous étions trente puis nous avons créé le département des achats, de recherches-développement, le volet de la documentation… Lorsque je suis arrivée, il n’y avait pas un seul échantillon, on ne partait de rien. Je suis donc devenue gestionnaire par la force des choses.

Quels sont vos accomplissements depuis votre entrée à l’Atelier des Costumes en 1991 et quelles sont vos perspectives pour le futur ?

DT : L’innovation a toujours été au cœur de tous nos projets ! Nous sommes constamment à la recherche de l’amélioration, on se questionne sur nos façons de faire, car les recherches et la technologie évoluent rapidement. Dans ce sens, nous voulons renforcer le poids qu’ont nos experts dans la prise de décision. 

Au fil des années, nous avons acquis une véritable expérience avec notre équipe, qui est aussi, majoritairement, au Cirque du Soleil depuis plusieurs années. Tous les acteurs - artistes, artisans, techniciens – qui rendent le Cirque possible ont beaucoup d’expériences. Ils ont donc énormément de connaissances et nous prenons un réel avantage de cette expertise au cœur de nos nouveaux projets. 

Comment l’innovation et la technologie ont fait évoluer votre travail au quotidien ?

DT : Quand j’ai débuté aux Ateliers, tout était fait à la main. En 1991, on a commencé à développer les pieds pour les machines à coudre ! Il est certain qu’on n’aurait pas pu faire Michael Jackson ONE ou le cheval de LUZIA, à ce moment-là.

De fils en aiguilles, on a développé les techniques, on a fait rentrer de l’équipement pour améliorer les textiles et différents matériaux de l’Atelier.  La technologie nous permet d’évoluer vers de nouveaux produits : mon rôle au sein de l’Atelier étant de créer des livrables et des produits pour le Cirque du Soleil, c’est donc cela le défi. 

Le défi c’est de rendre aux concepteurs l’image qu’ils se projettent, de s’assurer qu’on répond bien à la mise en scène, à la direction artistique, mais aussi on se doit de construire avec des paramètres d’opération, de techniques, de répétition, et de performance.

Quelle est la réaction du public sur l’innovation qu’il ressent durant les spectacles ?

DT : Au Cirque du Soleil, on part d’une émotion, nous avons donc comme objectif de transmettre cette émotion, mais celle-ci doit paraître organique. Notre défi est donc d’utiliser la technologie, la technique, pour rendre cette émotion organique et naturelle sur scène. 

Les spectateurs, quand ils voient les spectacles ne voient pas ce qu’il y a derrière comme les matériaux qui sont utilisés ou la technique d’impression des costumes, par exemple. Ils pensent que tout cela est réel et a toujours existé.   

Dans plus en plus de productions, on voit que la technologie s’invite au cœur du spectacle. Par exemple, lors du spectacle VOLTA, les spectateurs ont pu admirer beaucoup de projections, jeu de lumière, et de leds, qui créent une expérience nouvelle, unique et futuriste. On pourrait comparer ce phénomène aux films avec l’évolution des effets spéciaux ! Le but et le mandat du Cirque c’est d’en mettre plein la vue et chercher le « Woah » l’émerveillement du public !  

Le public et les médias sont également curieux : ils veulent voir ce qui se passe en coulisse. Le Cirque c’est des acrobaties, c’est les artistes, mais c’est aussi beaucoup d’autres gens, des artisans, des techniciens qui travaillent pour la sécurité des artistes, et on aime le mettre en avant !

Il est souvent dit qu’un des impacts positifs de l’innovation technologique est la réduction des coups et un gain de temps considérable. Est-ce vrai pour le Cirque du Soleil ?

DT : On a toujours un objectif, c’est de réduire les coûts. On a déjà un immense espace au Cirque du Soleil et on a beaucoup de projets, on ne peut donc pas se permettre nécessairement d’utiliser plus d’espaces. On travaille aussi avec des gens à l’extérieur du Cirque, comme on le disait avant, on n’aurait pas pu supporter autant de spectacles (19 productions) avec les techniques que nous avions dans le passé. Maintenant, on peut répondre à ces spectacles en termes de qualité parce qu’on a ces outils technologiques novateurs.

En matière de transfert de données, le Cirque du Soleil utilise-t-il des outils spécifiques ?

DT : On utilise peu le transfert de données, mais c’est un objectif sur lequel on veut se pencher. Actuellement, on est beaucoup dans la documentation écrite, mais c’est un défi qu’on a pour objectif de développer.

Avez-vous des retours sur les nouvelles technologies du Cirque par les artistes ou les équipes sur le terrain ?

DT : On est constamment complimenté. Nous avons toujours eu comme but de faire le maximum tant pour les artistes que pour toute la chaîne de production derrière. Un spectacle se reprend, et se rejoue : on a fait comme ça, comment le refaire mieux, en reprenant les mêmes costumes et la même charte artistique. Par exemple, dans certains spectacles, on utilise du latex maintenant on va utiliser du thermoformage pour gagner du temps. 

Mais la technologie ne dessert pas qu’aux artistes, au sein même de l’Atelier, on est très à l’affût, du confort de nos artisans, car beaucoup de tâches peuvent être répétitives ou pénibles.

Quelle est la future vision du Cirque du Soleil en termes d’innovation, de technologie, et de technique ?

DT : Nous avons pour objectif de numériser les données du Cirque du Soleil. Par exemple, on se doit de former chaque artiste à se maquiller. On regarde actuellement comment on pourrait faire pour que l’artiste puisse aller le chercher sur son téléphone au lieu de constamment avoir un document papier. L’information virtuelle et numérique est vraiment une force contrairement à la mise à jour de l’information papier, beaucoup plus longue et laborieuse. 

Mais on a déjà commencé ce processus : tous nos patrons et échantillonnages sont informatisés. Des dizaines de classeurs ont dû être sortis pour être retranscrits numériquement. 

L’objectif du Cirque est devenir un acteur principal sur la scène du divertissement, et d’utiliser de nouvelles formes de technologies comme l’introduction de réalité virtuelle pour certains spectacles. 

Mais il n’y a pas que les spectacles, le Cirque du Soleil a également l’expérience immersive : NFL Experience  à New York qui plonge le spectateur au cœur du football américain. 

À la base, on est tous fiers et porteurs du produit qu’on livre et qui rend les gens heureux, et c’est cela qui nous motive le plus ! Il reste qu’à la base, ce qu’on livre avec ou sans technologies ou innovation, a pour but que les gens repartent avec une expérience et des souvenirs, car nous on vit beaucoup de bonheur à les produire !

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