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LE DÉVELOPPEMENT ÉTHIQUE DE L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE

Le développement éthique de l’intelligence artificielle

Marc-Antoine Dilhac

Professeur au Département de philosophie, Université de Montréal; Directeur de l’axe Éthique et politique,
Centre de recherche en éthique; Chaire de recherche du Canada en Éthique publique et théorie politique

Initiateur de la Déclaration de Montréal IA responsable

Montréal est devenu un pôle de développement majeur de l’intelligence artificielle (IA) avec une communauté de chercheurs pionniers dans le domaine de l’apprentissage profond (Yoshua Bengio, Joëlle Pineau entre autres), des laboratoires universitaires de réputation mondiale (MILA, IVADO) et une pépinière de start-ups et d’entreprises en plein essor. Ce développement scientifique, technologique et industriel est au coeur d’une révolution des pratiques sociales, des modèles économiques et des modes de vie, qui touche tous les secteurs de la société : la santé avec de nouvelles capacités de diagnostic, la sécurité avec des moyens de surveillance accrus, le transport avec les véhicules autonomes, la justice avec des algorithmes de prédiction de la récidive, et tant d’autres.

Yoshua Bengio

Professeur titulaire au Département d’informatique et de recherche opérationnelle de l’Université de Montréal et directeur de l’Institut des algorithmes d’apprentissage de Montréal (MILA)

Ces nouvelles technologies sont fascinantes, mais si elles sont porteuses de progrès scientifiques, elles pourraient aussi présenter des risques sociaux et humains importants. Qui sera responsable en cas de mauvais diagnostic d’une maladie grave ? Les applications de recommandations qui envahissent nos écrans sont-elles compatibles avec l’autonomie des personnes ? Comment organiser et repenser le travail dans un monde où de plus en plus de tâches seront accomplies par des algorithmes logés dans des applications ou des robots ?

La question du travail est au coeur des préoccupations de nos concitoyens, du gouvernement et des acteurs de l’industrie de l’IA, car le travail n’est pas seulement le moyen de produire des biens et des services, c’est aussi la condition de la réalisation de soi. La crainte du remplacement par les robots est ainsi très élevée dans la population. Si cette crainte n’est pas infondée, la bonne attitude ne consiste pas à ignorer le changement technologique, ni à s’y opposer (jamais dans l’histoire humaine une nouvelle technologie n’est restée sans effet), mais à réinventer notre organisation sociale, nos modèles de partage économique, notre système d’éducation. Face aux innovations technologiques, le défi est d’innover socialement.

La déclaration de Montréal ia responsable

L’Université de Montréal a pris la mesure de l’ampleur des changements à venir et a constitué un groupe de réflexion interdisciplinaire sur les enjeux éthiques et les impacts sociaux du développement de l’IA. La mission de ce groupe est d’élaborer un cadre éthique pour un développement responsable de l’IA : la Déclaration de Montréal. L’objectif est de protéger l’autonomie des personnes, de promouvoir les valeurs démocratiques et les droits humains, et de garantir un accès équitable aux biens communs.

« La bonne attitude ne consiste pas à ignorer le changement technologique, ni à s’y opposer, mais à réinventer notre organisation sociale, nos modèles de partage économique, notre système d’éducation. »

La Déclaration de Montréal IA responsable, appuyée par différents organismes de soutien à la recherche, notamment les Fonds de Recherche du Québec et le CIFAR, est à la fois un texte de principes et un processus de coconstruction qui engage toute la société québécoise et canadienne. Ainsi une grande consultation citoyenne a été lancée en novembre 2017 afin de parvenir à un ensemble de recommandations dotées d’une forte légitimité démocratique.

Nous sommes convaincus que pour penser les enjeux éthiques et sociaux complexes de l’IA, l’expertise universitaire doit être au service de la réflexion citoyenne et que l’avenir de l’intelligence n’est pas seulement écrit dans des algorithmes, mais qu’il réside dans l’intelligence humaine collective. Les universités, lieux par excellence de l’innovation scientifique et technologique, ont un rôle majeur à jouer dans la formation de citoyennes et de citoyens à compétences multiples, capables de mieux comprendre les technologies, de penser les enjeux d’éthique publique qu’elles posent et d’inventer des formes sociales favorisant une vie épanouie pour tous.

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