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Mobilité, Multitude et Milléniaux

Mobilité,
Multitude
et Milléniaux

Louise Guay

Présidente
Living Lab de Montréal

Et si la ville devenait notre terrain de jeu ? Puisqu’on la subventionne, pourquoi ne pas se l’approprier ?

La technologie, la mobilité, la connectivité vont radicalement changer les usages de l’espace urbain.

Comment s’y prendre ? Pouvons-nous imaginer ce que deviendront les rues, les espaces publics, nos habitats quand nos déplacements seront personnalisés, taillés sur mesure et harmonisés par des parcours optimisés algorithmiquement ?

L’Internet des objets va fournir les données nécessaires pour orchestrer les véhicules électriques, autonomes, partagés en libre-service. Et grâce à l’utilisation de Blockchain, on pourrait imaginer un écosystème régénératif que certains géographes appellent archipels urbains. Bref, on redessine la ville.

Et comme les artistes nous l’ont indiqué depuis le 20e siècle, l’art va se produire hors des murs du musée, en performance, en happenings, en installations, en expositions et performances dans les espaces publics libérés.

Des musées aux laboratoires urbains

Nous avons souvent habité la ville comme un vaste musée que l’on parcourt selon différents modes de déplacement.

Les immeubles vers lesquels on se déplaçait jadis représentaient les institutions et les industries des âges précédents. Aujourd’hui, nous sommes en réseaux grâce à l’Internet et nous croisons les GPS et les données pour configurer sur mesure l’utilisation de notre ville.

Il s’agit ensemble de co-désigner nos parcours, nos véhicules, nos habitats et nos usages. Notre principal moyen de nous déplacer, c’est notre portable (cellulaire). Nous expérimenterons la ville dans des laboratoires à ciel ouvert, dans nos interactions avec les gens, les lieux, les événements, les véhicules, grâce aux plateformes qui les mettent en suites de blocs (Blockchain). Mettre en suites de blocs veut dire : agencer, composer, réimaginer et redésigner à d’autres fins, d’autres utilisations et services.

Performances hors des murs en continu

Performances à l’image d’artistes visuels tels Joseph Beuys1 menant des expériences éphémères dans les musées ou les galeries rendant floue la frontière art-vie-ville-événement-performance.

C’est tout comme si l’on avait un grand catalogue des ressources urbaines et qu’on pouvait créer de nouveaux rôles pour les gens, les véhicules, les rues, les maisons. On se rendra vite compte que la voiture solo du 20e siècle nous a grandement définis. Ainsi, l’autonomie des déplacements va soudain libérer de l’espace public. On ira même jusqu’à s’intéresser aux codes, aux normes, aux règles. Si vraiment ce sont les réseaux, la rapidité et l’horizontalité qui vont primer, qu’allons-nous en faire ? Quelles identités se mettront en scène, en interaction ? Les artistes l’ont prédit, nous serons des créateurs permanents car la ville pourrait devenir un haut lieu d’expression. Loisirs, jeux, lieux de rencontres, d’embarquements, de stations, d’expositions, de performances, d’installations. L’art-laboratoire se fait ville et ce sont par nos choix et nos valeurs que nous définirons ce que ça deviendra.

L’écologie numérique

Il semblerait que des organisations de type Living Lab seraient mieux équipées pour orchestrer la complexité que les États. Et les Living Labs dont le Living Lab de Montréal sont parmi les premiers à lier mobilité, non mobilité, immobilier, par l’échange d’énergie utilisant la Blockchain, et différents type de participation citoyenne, sociale et économique.

« On ne fait plus pour les gens mais avec les gens. On urbanise les technologies »

- Saskia Sassen2

Nous serions rendus à l’étape de piloter nous-mêmes notre mobilité et nos infrastructures. Il s’agirait de le réaliser en introduisant une socioéconomie urbaine pour, un équilibre de l’artificiel du naturel et du vivant.

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1. Joseph Beuys était un artiste du mouvement allemand Fluxus, il a produit des happenings des performances des installations, artiste graphique, théoricien et pédagogue. Pour lui l’art était une sculpture sociale.

2. Saskia Sassen, sociologue, reconnue pour ses analyses de la globalisation et des migrations humaines internationlaes.

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